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La colère parentale, bonne ou mauvaise chose ?


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Gérer sa colère est un défi pour tout parent. La colère est une émotion naturelle, est-elle toujours négative ?

A-t-elle sa place dans la vie familiale ?

Doit on la refouler ou peut-on la laisser éclater ?

Comment la gérer ?


Qu'est ce que la colère ?


La colère est une émotion tout à fait normale. Marshall Rosenberg, psychologue américain à l'initiative de la méthode de communication non-violente la définitif ainsi dans son court ouvrage Les ressources insoupçonnées de la colère "La colère est un sentiment normal provoqué par des pensées qui ne le sont pas".


Elle est une sonnette d'alarme qui indique que dans sa tête il y a un "il devrait" ou un "il ne devrait pas". Elle nous met en alerte sur le fait que nos besoins ne soient pas satisfaits. Besoin de calme. Besoin de reconnaissance. Besoin de sécurité...Marshall Rosenberg écrit "Les actions des autres ne sont jamais la cause de nos sentiments. Mais qu'est-ce qui détermine donc comment je me sens ? A mon avis, c'est la manière dont nous jugeons le comportement des autres qui détermine comment nous nous sentons."


Les différentes formes d'expression de la colère parentale


Vous pouvez ressentir différentes formes de colère : la colère verbale, la colère physique, la colère passive. Il est important d'identifier les comportements et gestes que vous y associez pour gérer au mieux cette émotion.


Les facteurs déclencheurs


Il existe différents facteurs. Je les rangerai dans deux catégories : les facteurs externes à votre rôle parental (stress financier, professionnel, relations sociales tendues) et les facteurs internes (comportement de votre enfant, vie de couple tendue, difficultés scolaires, soucis de santé).


  • Les comportements de l'enfant : les comportements agressifs, le manque de respect, le refus d'obéir, le manque de coopération.

  • Le stress et la fatigue : un parent peut être confronté à un quotidien compliqué. Jongler entre le travail et le foyer. Le stress financier. Le stress professionnel. Un niveau de fatigue ou de stress élevé, une pression constante pourront être des déclencheurs de la colère parentale.

  • Les relations conflictuelles : des relations tendues au travail, dans la famille ou le couple généreront des sentiments de frustration, d'incompréhension ou d'injustice favorisant l'apparition de la colère.


L'impact de la colère sur l'enfant


Si la colère est dirigée contre l'enfant elle va devenir synonyme d'angoisse et d'inconfort pour celui-ci.

Vous risquez donc d'ignorer ici son besoin de sécurité ou même d'estime de lui-même.

D'un point de vue neuroscientifique, le cri, souvent associé à l'émotion de la colère, affecte le cerveau de l'enfant. Le cri est l'expression d'une perte de contrôle. Des recherches effectuées sur un panel d'enfants confrontés à des vies familiales dissolues ont démontré que le corps calleux, c'est à dire la partie séparant deux hémisphères, était réduit de façon significative.

La colère verbale atteindra l'estime qu'un enfant a de lui si elle est associée à des mots blessants.

Quant à la colère physique associés à des gestes punitifs ou violents, il me semble que la négativité de son impact n'est plus à démontrer.


Les causes cachées de la colère parentale


La colère parentale peut également trouver ses racines dans l'ombre.


  • Des attentes irréalistes : Nos attentes doivent être adaptées aux capacités de nos enfants. Attendre autant d'un tout-petit que d'un être plus âgé et plus construit peut s'avérer déclencheur de déception, de frustration et ainsi mener à se mettre en colère. La compétence parentale à travailler ici sera donc la connaissance de son enfant et de sa psychologie.

  • Les traumatismes passés : votre mémoire traumatique peut être réveillée par des comportements ou des mots de vos enfants. Une fois votre douleur réactivée, vous allez donc réagir en vous mettant en colère comme si vous enfiliez une armure. C'est donc sur vous qu'il conviendra de placer l'accent en terme de travail. Vous réconcilier avec vous-même et votre parcours de vie vous permettra ainsi d'établir des liens plus apaisés au sein de votre foyer.


Mais alors, la colère, c'est toujours mal ?


La colère a mauvaise presse c'est évident. Cependant il arrive à tout le monde d'y céder.

Alors, est ce que c'est si grave ?


Non. La colère est une émotion naturelle et saine qui vous permettra de défendre vos limites, d'exprimer vos besoins, de vous protéger ou de protéger votre enfant.

Ce qui importe c'est la façon dont vous gérer votre colère. Celle-ci ne doit pas être tournée contre l'autre. Elle ne doit pas être violente ou agressive. Selon Marshall Rosenberg "

Il est dangereux de voir dans la colère quelque chose de mauvais ou qu'il faut réprimer"


Se mettre en colère ne fait pas de vous un mauvais parent. S'enfermer dans la culpabilité ne mène à rien de bon. Je suis pour l'expression des émotions, mais on ne s'exprime pas de n'importe quelle manière et c'est le mode d'expression et le cadrage de celui-ci qu'il convient de travailler.

En tous les cas, il ne s'agit pas de refouler ses émotions. Le repli sur soi ne mène à rien. Ce qu'il faut garder en tête, c'est l'importance de la communication. "Je me sens en colère parce que..." sera une bonne ouverture pour amener à plus de communication et tendre vers un apaisement de la situation.


La colère est-elle une preuve d'autorité ? Non la colère si elle est associée au cri, dirigée vers l'autre sera source d'anxiété, de stress et générera une rupture de la communication.

Elle n'aura donc aucun effet positif en terme d'assise de l'autorité.


Alors, concrètement, on fait quoi ?


Premièrement, pour éviter la saturation et le risque de burn-out parental : prenez du temps pour vous !

Prendre du temps pour vous ce ne sera pas délaisser sa famille, bien au contraire, ce sera l'occasion d'offrir un parent épanoui.

Alors oui, dans le quotidien on a parfois pas beaucoup de temps, mais s'accorder de petits temps sera déjà une première avancée. Même si ce n'est que 5 minutes.

Sortir de l'utile pour remplir ses réservoirs intérieurs est essentiel.

Il faudra donc fixer des limites claires. Par exemple "je vais prendre 5 minutes pour me doucher, j'ai besoin de calme, je te demande de ne pas me déranger, ensuite je serai disponible pour toi", "je te demande de me laisser une demie heure pour lire mon livre, tu peux venir à côté de moi mais je te demande de ne pas me déranger".


Lorsque vous ressentez de la colère, prenez en conscience dans votre for intérieur. Puis :

  • Vous pouvez vous écarter physiquement ou mentalement pour vous restabiliser. Essayez de ne pas réagir à chaud.

  • Observer ce qui se passe en vous : Poser vous les questions suivantes : " Qu'est ce que ma colère veut défendre ? Qu'est ce qui est en jeu dans la situation et que je considère comme vraiment important ? Qu'est ce que je risque de briser si je laisse éclater ma colère maintenant ?" Si vous ressentez que votre pouls s'accélère, que le rythme de votre respiration est plus soutenu, je vous invite à pratiquer des exercices de respiration. Je vous invite à vous reconnecter à vos besoins, Marshall Rosenberg écrit "Lorsque je suis relié à mes besoins, j'éprouve des sentiments intenses, mais jamais de la colère. La colère résulte d'un mode de pensée provocateur, violent, qui me coupe de la vie."

  • Essayez de pacifier la situation. Reprenez votre consigne différemment. Tentez de passer par le jeu. "Tu ne veux pas aller te coucher ? Je te propose de faire une course du premier arrivé au lit. Le premier arrivé a le droit de choisir l'histoire qu'on va raconter ce soir".


Il ne s'agit donc pas d'éradiquer la colère parentale. La colère est tel un animal sauvage qu'il convient de dompter mais non d'exterminer.


Et vous, quel est le rapport que vous entretenez à la colère ?



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