
La gestion des écrans
- Claire Bloch
- 15 mars 2024
- 4 min de lecture
À l'ère du numérique, pas toujours facile d'être un parent 2.0 !
Comment gérer au mieux l'utilisation
et tenir compte de l'âge de chacun, voilà un sujet épineux propice à de nombreuses interrogations et tensions au sein du foyer.
Encadrer l'utilisation des écrans
La télé parasite : personne ne regarde ? On éteint les écrans. On ne laisse pas la télévision en bruit de fonds. Elle parasite les apprentissages des enfants et si elle est en direct c'est l'occasion que votre progéniture tombe sur des contenus inappropriés.
On définit clairement les moments d'écrans autorisés : plutôt qu'un usage n'importe quand, n'importe comment, mieux vaut définir de façon précise et claire les moments où l'on permet l'usage des écrans. Ritualiser permet de diminuer les occasions de conflits et les tensions.
On range les écrans : tiroir ou boîte à écrans, en dehors des temps autorisés on range les tablettes, consoles et autres écrans. On diminue ainsi la tentation.
Pas d'écran pendant les repas : on éteint les écrans quand on est à table. Attention à montrer l'exemple. Pas de "fais ce que je te dis et pas ce que je fais". Les temps de repas doivent être l'occasion d'échanges et de créer du lien en famille.
Pas de télévision dans les chambres : on installe pas de télévision dans les chambres à coucher. Cela ne permet pas d'exercer un contrôle sur le temps d'écran comme le contenu consulté.
L'importance des interactions : ce conseil s'adresse plus spécifiquement aux parents de jeunes enfants mais également aux autres. On ne livre pas l'enfant seul face à l'image. On commente. On discute de ce qu'on voit, de ce qui se passe, de ce qu'on fait. On accompagne son petit dans l'utilisation des tablettes ou applications. L'utilisation des écrans doit demeurer une occasion de langage et un support d'apprentissage.
On pose des limites : on propose d'autres activités que les écrans. On favorise les sorties et la vie réelle en dehors des moments autorisés. Quand l'enfant déconnecte de son temps d'écran il peut avoir tendance à être passif et un peu en dehors du réel, on le guide donc vers son retour au présent.
Pas de punition en privant du temps autorisé : en privant l'enfant, on ne fait que rendre l'usage de écrans plus attirant. C'est bien connu, l'interdit attire. Par contre on peut exiger que certaines tâches soient effectuées avant de donner accès à l'écran (rangement, devoirs...)
L'importance de l'anticipation : on prévient cinq minutes avant que le temps d'écran soit écoulé. On permet ainsi à l'enfant de se préparer à se reconnecter à la vie quotidienne. On réduit ainsi les risques de crise et les marques de frustration.
Et si crise il y a ? On reste ferme et on maintient les règles établies et expliquées clairement à son enfant. On garde son calme et si frustration il y a, on laisse passer l'orage.

Choisir des contenus appropriés
On s'assure que les applications, les jeux vidéos ou les contenus vidéos consultés sont adaptés à l'âge de l'enfant. Pour ce faire on s'intéresse à ce que nos enfants font et ce qui les attirent et on reste présent. On se sert également des outils à notre disposition.


On choisit les contenus visionnés en fonction du plus jeune présent.
On favorise des contenus appelant au raisonnement. On limite les applications qui ne demandent que de balayer l'écran.
On privilégie les interactions : avec des consoles de jeu et des contenus qui permettent à l'enfant de rester actif et d'interagir avec son entourage. On discute avec son enfant et on s'intéresse à ce qu'il fait. L'idée est de permettre à l'enfant de ne pas s'enfermer dans une attitude passive.
On utilise le contrôle parental sur les tablettes, téléphones, ordinateurs et téléviseurs. On met des codes. Des limite d'utilisation et des limites d'âge.
On ne regarde pas des contenus destinés à un public adulte en présence de son enfant (émissions policières, criminelles, séries inadaptées pouvant être sources d'angoisse, journal télévisé...). On limite tout ce qui pourrait s'avérer anxiogène vis à vis de l'enfant et qui ne relève pas de ses facultés de compréhension. Pour les enfants qui sont en âge et qu'on souhaite éveiller à l'information il existe des émissions adaptées.
Et avec un ado ?
Déjà on convient de ce qui est autorisé ou non avec son adolescent. On favorise toujours l'échange et le dialogue.
On s'intéresse à sa vie en ligne. Il est évident que vous vous intéressez à sa vie quotidienne, il en va de même en matière de vie 2.0 : ses réseaux, ses jeux, les applications qu'il utilise. On échange sur ce qui a été visionné. Sur ce qu'il en pense. On invite toujours l'adolescent au raisonnement et à questionner ce qu'il consulte.
On limite autant que faire se peut la consommation passive d'images, appelée "binge watching". TikTok, les shorts sur YouTube ne sont pas à diaboliser mais à limiter. Cette consommation de séquences courtes et décousues n'est pas bonne pour le cerveau de votre adolescent. Nombre d'images par minutes. Déconnexion du réel. Et surtout des contenus souvent inappropriés et vides de sens.
On éduque aux enjeux de la sécurité en ligne : l'utilisation des données personnelles, le cyber harcèlement, le droit à l'image. Pas de langue de bois avec son adolescent. Internet peut être un véritable danger, et on ne laisserait pas son enfant seul face au danger réel, il en va de même pour le virtuel.
On encourage son adolescent à faire autre chose. Sortir. Créer du lien avec les autres. Faire du sport. L'écran peut être une solution de facilité qui a la longue désocialise.
Tout manquement est porteur de conséquences : si votre adolescent n'a pas respecté les limites imposées ou s'est conduit de façon inappropriée sur ses écrans, on dialogue et on applique des conséquences. L'interdiction franche et massive est à mon sens à éviter, mais on redouble de vigilance, on impose d'autres limites et on s'assure avant tout que l'adolescent comprend le pourquoi du comment de la sanction.






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